L’implémentation du numérique dans l’enseignement

Ce matin, j’ouvrais une journée scientifique consacrée à l’utilisation des outils numériques en psychologie de la santé.

Ce fut pour moi l’occasion de rappeler ma vision de l’implémentation du numérique dans notre enseignement. Car si cette implémentation prend place dans l’ensemble des programmes des candidats recteurs, on relève trois approches différentes, allant du « tout au numérique » à une position plus équilibrée et réaliste, qu’est la mienne.

Le support numérique facilite bien entendu l’accès aux savoirs. Toutefois, l’introduction de pratiques techno-pédagogiques dans les cursus représente un défi pour les universités. Car, comme l’a soulevé Catherine Loisy, de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, co-auteure en 2014 de La Pédagogie universitaire à l’heure du numérique. Questionnement et éclairage de la recherche, l’outil numérique est porteur d’une culture du foisonnement et de l’instantané aux antipodes de la tradition académique.

Et pourtant, n’est-ce pas notre mission d’élargir le champ des possibles ? N’est-ce pas notre devoir d’impulser les changements à travers, notamment, le questionnement sur nos pratiques ? N’est-ce pas notre responsabilité d’être en résonnance, en dialogue, en échanges et en actions avec la Cité et avec ces citoyens qui veulent retrouver une place au cœur des dynamiques de changement ?

Développer notre recours au numérique nous permettra d’impliquer plus encore nos étudiants et, lorsque cela s’avère utile ou nécessaire, d’ajuster une pédagogie en tenant compte du fonctionnement des 18-25 ans. Cela nous permettra également de dépasser les distances et les contraintes du temps. Cela nous permettra enfin de mieux répondre aux attentes de ce monde en changement, de renforcer l’impact sociétal de notre Université et de nos diplômés. Pour autant, bien entendu, que ce recours reste intelligent, qu’il ne soit pas une fin en soi. Par ailleurs, il importe de ne pas déshumaniser notre enseignement. Tout comme Eric Sadin (2015, La vie algorithmique. Critique de la raison numérique), j’aime rappeler l’importance de garder de l’imprévu dans notre relation au monde.

C’est avec cette vision de la place du numérique dans l’enseignement que j’ai personnellement soutenu de nombreux investissements, dans plusieurs Facultés, notamment en Faculté de Médecine. Je pense bien entendu au Centre de Simulation Médicale Interdisciplinaire.

Interdisciplinaire… Voici un autre mot qui fait sens.

Elle est essentielle à mes yeux. Une approche transversale nous permettra de continuer à trouver, à créer et à innover. Le numérique permet de la renforcer : d’importants investissements prévus par le plan stratégique y sont consacrés.

Les exemples ULiège d’application du numérique en enseignement qui sont présentés dans le cadre de cette journée scientifique vont également dans ce sens, et je m’en réjouis. Je pense ainsi à la création d’environnements virtuels, qui représentent une incroyable plus-value pour le développement de vignettes pédagogiques et l’étude de cas.

Cette Journée met également en lumière des avancées technologiques de notre Université dans le domaine de la santé mentale, réalisées en collaboration avec plusieurs partenaires, dont l’Université du Québec en Outaouais.

Plus globalement, le groupe Teaching with Virtual Reality de l’ULiège, dont font partie les Pr Roland Billen (de la Faculté des Sciences), Michaël Schyns (de HEC Liège), Anne-Marie Etienne (Faculté de Psychologie, de Logopédie et de Sciences de l’Education) ainsi que Björn-Olav Dozo (qui vient lui de la Faculté de Philosophie et Lettres), met en place dans le MOOC « Agir pour sa santé », un dispositif pédagogique spécifique sur l’utilisation de la réalité virtuelle par les professionnels de la santé.

Ce sont là des initiatives que j’entends continuer à soutenir et intensifier.

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