Réponses aux questions posées par les membres du FNRS

 

1. Le financement et le refinancement de la recherche

Différents types de recherche coexistent dans différents secteurs au sein de l’Uliège : fondamentale, appliquée, clinique. Leurs modalités et les moyens qu’elles requièrent sont différents et elles ont chacune leur spécificité propre. Dans la recherche, la recherche fondamentale est une caractéristique intrinsèque de l’Uliège et cela nous différencie des Hautes-Ecoles notamment.

En matière de financement et de refinancement de la recherche plusieurs éléments sont importants à considérer :

  • L’ULiège gère un budget global de près de 420 millions d’euros, dont plus de 50% sont investis dans la recherche. Ces montants proviennent de sources très diverses : sources publiques, conventions de recherche, programmes-cadres européens, dons, etc. L’attribution de certains crédits dépend strictement de notre Université (ex Fonds Spéciaux et Action de Recherche Concertée (ARC), Subside fédéral) ; ils sont sous la responsabilité des Conseils Sectoriels et du Conseil Universitaire de la Recherche. Nous nous engageons à répartir ces crédits de façon équitable. Il est cependant évident que le financement de la recherche fondamentale dans les différents secteurs (sciences du vivant, sciences et techniques, sciences humaines) doit être prioritaire dans ces financements. En effet pour la recherche appliquée ou clinique d’autres sources de financements potentielles existent.
  • Le subside fédéral à la recherche doit aussi être mieux utilisé pour que le retour vers les chercheurs soit garanti.
  • Des modifications des règles de financement des universités se profilent à l’horizon 2021, avec peut-être l’attribution de deux enveloppes budgétaires : l’une pour l’enseignement et l’autre pour la recherche. C’est déjà le cas en Communauté Flamande où 45% de l’enveloppe globale sont dévolus à la recherche. Les critères à prendre en compte pour déterminer le volume des enveloppes budgétaires sont encore flous. Il est cependant clair que les montants dépendront d’une reconnaissance de notre recherche. Nous devons donc être capables d’identifier les paramètres qui mettent le plus en valeur notre recherche. Dans ce processus, Nous devons ainsi poursuivre le processus de labellisation des Unités de Recherche et de l’évaluation de notre recherche pour mettre en avant la recherche de pointe qui est menée au sein de nos URs. Nous nous engageons à défendre âprement ce dossier afin que l’enveloppe qui nous sera allouée soit la meilleure possible.
  • Par ailleurs, des « instituts d’excellence thématiques » sans murs s’annoncent (Institut Virtuel Régional). Ils devraient associer plusieurs Universités, sur base du modèle développé en région flamande. La recherche y est un enjeu important, en s’appuyant sur des partenariats industriels et scientifiques étrangers, dans le but de pratiquer une recherche de haut niveau et de développer les innovations technologiques. Nous devrons assurer un leadership dans ces « instituts virtuels ».
  • Nous nous engageons à encourager nos chercheurs à solliciter les crédits et à les aider dans ce processus. En Communauté Française, le taux de succès pour l’obtention de crédits européens (ERC) est similaire à celui de la Communauté Flamande, mais le nombre de crédits sollicités est largement inférieur. La soumission de demande de crédits et la rédaction des projets sont des procédures très et trop complexes et le ciblage reste difficile pour les chercheurs ou leurs équipes. Nous nous engageons à mettre sur pied une véritable cellule d’aide au montage de projet, qui n’existe pas réellement actuellement. A ce titre, le rôle de l’ARD sera intensifié car il faut améliorer la communication entre chercheurs et administrations et identifier clairement les personnes de référence (outre l’identification claire de personnes ressources détachées au sein des Facultés et des URs ) chargées d’aider par thématique les chercheurs et leurs équipes dans leurs quêtes de crédits ainsi que pour les marchés publics éventuels qui y sont associés.
  • Il n’y a pas de recherche sans infrastructures de recherche. Le Plan National d’Investissement du Fédéral, dont la région Wallonne est partie prenante, prévoit un axe « Université » de 522 millions d’euros dégagés entre 2019 et 2024.  On ne peut que se réjouir de cette opportunité pour la recherche au sein des universités. Malheureusement cette partie du plan a été négociée uniquement entre les Vice-recteurs recherche des universités de la FWB, sans suffisamment, voire pas du tout, de concertation avec les organes de gouvernance de la recherche des universités. Ainsi, la sélection des projets pour l’ULiège est arbitraire, avec une méthodologie d’attribution des crédits discutable et qui est figée par le Gouvernement Wallon qui a voté les budgets en conseil de gouvernement.  Néanmoins sur base du plan d’investissement en infrastructures (60 millions) préalablement voté par le Conseil d’Administration, nous pourrons dégager une marge d’un montant aujourd’hui estimé à 15 millions d’euros maximum. Nous nous engageons à utiliser ces moyens pour la recherche de manière équitable pour l’ensemble des secteurs de recherche, ceci en tenant notamment compte des plans stratégiques des URs et des montants déjà alloués par ailleurs.
  • Enfin en termes de financements, outre le renforcement des infrastructures de recherche innovantes et de qualité, il faut d’améliorer la mutualisation des ressources (cadastre des URs existantes et des expertises en matière de recherche), favoriser les rapprochements et les interactions entre les URs, consolider les CARE et en créer davantage, promouvoir l’acquisition et l’utilisation partagée d’équipements. Le développement de partenariats sur des thématiques communes permettra sans aucun doute d’atteindre une masse critique.

2. La représentativité des mandataires FNRS (tant dans les pondérations électorales qu’au sein des différents organes de décision de notre Université)

La représentation des différents corps de l’institution pour l’élection rectorale est fixée par un décret de la Communauté Française qui date du 21 novembre 2013. Contrairement à ce qui est généralement pensé, ce n’est donc pas l’Université qui a fixé cette répartition. Cette répartition a notamment fait l’objet d’un lobbying de la part des étudiants auprès du Ministre–Président.

Nous pensons qu’il n’est pas normal que les mandataires FNRS et le personnel scientifique ne disposent que de 10% des voix. La communauté du personnel scientifique est la plus importante de notre université. Nous veillerons à ce qu’il y ait plus de communication (entre le CCS le comité de contact FNRS et le Collège rectoral) et une plus grande reconnaissance du personnel scientifique, tout particulièrement pour ce qui concerne les mandataires permanents du FNRS et le personnel scientifique permanent. Différentes pistes sont envisageables comme notamment l’académisation partielle de ceux-ci liée aux tâches d’enseignement ou d’encadrement de doctorats. Une discussion institutionnelle que nous soutenons doit donc s’engager. Cette « académisation des FNRS » doit être discutée avec les représentants des membres FNRS et en particulier le Comité de Contact ; il ne faudrait pas mettre en porte-à-faux les membres FNRS vis-à-vis du FNRS.

Au-delà de l’académisation, nous nous engageons à remettre en cause cette pondération de 10% pour les élections, en sachant qu’augmenter le pourcentage d’une catégorie de personnel conduit à réduire celles d’autres catégories de personnel de l’ULiège. Nous relaieront ces propositions auprès du Ministre.

L’attribution de titre de Professeur de recherche est aussi une piste pour académiser les membres FNRS sans les soustraire de leurs activités de recherche. Les modalités de ce titre doivent être discutées avec les représentants FNRS et avec le CC-FNRS.

Enfin en ce qui concerne la participation aux organes de décision, à chaque fois que cela est possible, les mandataires FNRS doivent être invités à participer aux organes de décision. Il faut aussi que les membres permanents du FNRS responsables de projets de recherche puissent être président de jury de thèse. C’est déjà cette position qui a été relayée au FNRS par le Recteur il y a quelques mois.

3. L’internationalisation des titres portés par les mandataires

L’attribution de titre de Professeur aux membres FNRS favoriserait cette internationalisation et donnerait une visibilité internationale plus grande aux FNRS. Les critères pour l’octroi de ces titres doivent être définis en concertation avec les membres du FNRS. C’est une mesure que nous proposons et qui peut être finalisée très rapidement.

Comme cela a été mentionné précédemment, un des critères que nous envisageons est aussi de reconnaître l’encadrement de doctorants. Il en serait de même pour ceux qui s’investissent dans les formations doctorales. Ces titres de Professeurs de recherche seraient ainsi par définition compatibles avec la poursuite d’activités de recherche à temps plein.  En outre, elles permettraient aux FNRS de postuler à des crédits que ne leur sont pas accessibles actuellement, et de coordonner et de gérer de manière autonome ces crédits.

4. La place et l’importance de la recherche fondamentale dans notre Institution

La recherche fondamentale est une spécificité de l’Université et elle en est le cœur. Elle nous distingue des Hautes-Ecoles qui ont une orientation strictement de recherche appliquée. Elle contribue aux classements internationaux de manière importante.

La recherche fondamentale doit donc occuper une place centrale et être soutenue de manière claire et affirmée, notamment en lui réservant les crédits qui lui sont spécifiques, car pour les autres types de recherche d’autres modalités de financement existent.

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