La citoyenneté, la communication et le développement institutionnel

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Forte de ses compétences et dynamique, l’université de Liège fait preuve au quotidien d’une inventivité remarquable, trouvant souvent des solutions en puisant dans des ressources parfois insoupçonnées. Bien souvent, toute une série d’initiatives sont prises, au cas par cas, pour parer à l’imprévu, sans que celles-ci ne soient relevées ou mises en évidence. Des tas d’initiatives tout-à-fait pertinentes sont ainsi prises, par exemple, en matière internationale, en matière culturelle, en matière de développement durable, sans que nous n’ayons vraiment conscience qu’elles dessinent un horizon, qu’elles s’inscrivent dans une véritable politique de sens et de développement institutionnel venant en appui aux différentes missions assurées par le Recteur et l’ensemble des Vice-recteurs.

En matière culturelle, notre université dispose de musées, de collections artistiques, d’un théâtre, d’une chorale. Elle organise de nombreux événements culturels et artistiques sans que tout cela ne soit réellement articulé, relié, mis en évidence. En matière internationale, notre Université est présente un peu partout à l’échelle de la planète mais nous éprouvons quelque difficulté à traduire cela en atouts et à identifier des zones d’investissement stratégique. En matière de Développement Durable, des tas d’initiatives, de mesures sont prises (au niveau des bâtiments, des équipements, des placements financiers, etc) des projets de recherche sont menés mais sans que cela ne s’inscrive dans une politique clairement affichée de développement durable. Or, il s’agit là d’un défi que les grandes universités européennes vont devoir relever.

Dans tous ces domaines, il apparaît impératif d’aller vers les collègues, de les rencontrer et au besoin les réunir pour identifier les initiatives prises, les relier, les mettre en évidence et en réseau afin de donner pleinement sens à la dimension institutionnelle de notre université. Il est primordial de communiquer en interne et vers l’extérieur afin que des décisions prises ou des projets menés de manière éparse soient diffusés, connus et prennent pleinement et durablement sens. On attend très souvent de notre institution qu’elle se positionne, oriente les choix en matière de recherche, d’enseignement, bien sûr, mais également en matière de politiques publiques, d’environnement, de culture, d’économie, de société.

De nombreuses initiatives ont été prises au cours de ces dernières années en matière de communication : réorganisation et renforcement de la communication, nouvelle identité visuelle, nouveau site web, nouveaux projets de publication, etc. La commémoration du bicentenaire fut une formidable opportunité à saisir pour nous repositionner. Nous disposons d’une équipe dont les compétences sont largement reconnues et appréciées.

Il importe de poursuivre et de renforcer ce mouvement. Le positionnement de la communication sera consolidé grâce notamment à l’aménagement prévu à la Grand-Poste.

L’Université de Liège joue un rôle clé en matière de production, de diffusion et de valorisation des savoirs. Le service de communication vient en appui de cette dynamique. En plus des medias actuels dont nous disposons, des projets de publication sont actuellement en cours : adhésion à The Conversation (media en ligne d’information, de diffusion internationale et d’analyse de l’actualité par des chercheurs et des universitaires), nouveau MOOK (publication hybride entre magazine et livre) succédant à l’ancienne formule du Quinzième. La communication n’est pas l’Université et n’obéit pas aux diktats du marché. Elle est, au contraire, un outil au service de l’ensemble de l’institution et doit le rester, en parfaite coordination avec l’équipe rectorale, dans le respect de l’ensemble des partenaires en présence.

En outre, de nombreuses initiatives ont été soutenues pour faire davantage « savoir qu’il y a des savoirs » autour de l’Embarcadère du Savoir, de la Maison des Sciences de l’Homme, de Liege Creative, de « Ma thèse en 180 secondes ». Ce mouvement a été prolongé par la mise sur pied d’une plateforme citoyenne visant à relier l’ensemble de ces partenaires (ainsi qu’UniverSud, la Plateforme Réfugiés, les Presses de l’Université) et à les arrimer à un pôle plus vaste, réunissant des acteurs extérieurs tels que le Théâtre de Liège, Mnema, la Cité miroir, les Grignoux, Liège Together, la fondation Ceci n’est pas une crise, la Ville de Liège et la Province de Liège, le GRE.

L’Université de Liège est ainsi amenée à jouer un rôle clé au sein d’une société de la connaissance, d’une ville et d’une région qui entendent devenir métropole internationale et comptent sur elle. Nous sommes de plus en plus sollicités pour partager les connaissances et répondre à une demande d’expertises destinée à éclairer une opinion publique de plus en plus déboussolée.

En matière culturelle, les initiatives seront identifiées, plus visibles, coordonnées et soutenues tout en respectant l’autonomie de chaque partenaire afin d’afficher et d’imprégner une véritable politique culturelle au sein de l’Université et, par extension, au cœur de la région. Il ne s’agira pas de se cantonner à de l’animation de campus (Liège, Arlon, Gembloux), il s’agira plutôt d’articuler notre offre de productions culturelles et nos nombreuses pratiques (et collections) artistiques aux différentes missions de l’Université (enseignement, recherche et citoyenneté). En effet, de nombreuses expérimentations sont actuellement menées pour relier cinéma et santé; arts, sciences et technologies, etc. Des échanges sont poursuivis entre la recherche et les approches artistiques à travers des ateliers, des rencontres avec des artistes, des partenariats multiples avec des centres culturels, les théâtres de la région. A l’instar de ce qui fait dans d’autres pays et au sein d’autres universités, le Vice-recteur à la citoyenneté sera chargé d’initier un Conseil de la politique culturelle de l’Université de Liège. Ce Conseil sera animé et présidé par un ou une collègue qui sera garant(e) de la pluralité des approches et des sensibilités artistiques et culturelles. Ce Conseil aura pour mission de dégager les axes prioritaires ainsi que les pistes à explorer pour une politique culturelle  et de conseiller les autorités académiques en la matière.

Dans tous ces domaines (citoyenneté, développement durable, international, culture, etc), le développement institutionnel se conjuguera à une approche bottom up qui ne visera pas à « rajouter une couche en plus » mais à rendre plus visible, à articuler et à faire partager l’existant

L’Université de Liège se doit d’être une institution exemplaire et lucide, consciente des nombreux défis auxquels notre époque et notre planète sont dorénavant confrontés : montée de la pauvreté, malnutrition, santé et bien-être, éducation de qualité, égalité des sexes, accès à l’eau, défi énergétique, travail décent et croissance économique, des industries et des infrastructures innovantes, montée des inégalités, villes durables, consommation et production responsables, lutte contre les changements climatiques, vie aquatique, vie terrestre, paix et justice, des partenariats. Autant d’objectifs mondiaux, identifiés par l’ONU en matière de Développement Durable. Dans tous ces domaines, sans exception, notre Université peut se prévaloir d’une expertise ou d’une série de réponses ajustées, prises à travers tout un ensemble de mesures en matière de bâtiment, d’énergie durable, de placements financiers, mais encore de projets de recherche, etc. Mesures qu’il s’agit de renforcer et d’intégrer dans une politique institutionnelle d’enseignement, de recherche et de citoyenneté. Un plan stratégique de Développement Durable est actuellement en cours à l’échelle de l’institution. Il vise dans un premier temps à identifier et cartographier les multiples initiatives développées autour de chaque objectif puis d’implémenter une politique de Développement Durable vers l’ensemble des composantes de notre communauté universitaire et les étudiants en particulier.

Aujourd’hui, peu d’institutions publiques ou privées sont à même de rencontrer l’ensemble de ces objectifs. Les universités complètes, et en particulier l’Université de Liège, apparaissent comme des lieux pertinents capables d’initier le mouvement et de porter un changement de vision, par-delà nos différences respectives. Ce n’est pas de notre part un positionnement de circonstance. Il s’agit bien plus d’un véritable défi éthique, social, économique et environnemental. Et sur ce point – ou sur ces « 17 » points précis – nous sommes attendus par nos chercheurs, par nos étudiants et par les générations futures. Rencontrer les 17 objectifs du Développement Durable, c’est non seulement positionner l’institution mais également lui donner du sens, un souffle, du liant et ce, depuis les choix posés en matière de bâtiments et d’équipements, aux positions en matière de paix, de justice et d’équité, tout en passant par la santé, la qualité de la vie au travail. Développer durablement, c‘est relier des hommes et des femmes au sein d’une communauté autour d’objectifs communs. Le Développement Durable est affaire de mobilisation de communautés entières car il engage nos travaux, nos recherches, nos enseignements, nos connaissances, nos choix administratifs, notre qualité de vie et au-delà, bien évidemment, l’avenir de notre planète. Tous les Vice-recteurs seront concernés, toutes les administrations, toutes les facultés, tous les scientifiques, tous les étudiants, tous les citoyens.

Ce défi, l’Université de Liège ne pourra le relever que sur base de sa capacité fédératrice à mobiliser toutes ses composantes mais au-delà, ses réseaux de collaborations et de recherches au sein de la région, du pays et au niveau international.

Des jalons ont été posés pour faire de cette Institution, une université certes complexe mais bien gérée, vigoureuse et aguerrie, une université qui, dans le même esprit, sera responsable, durable, capable d’affronter et de relever les nouveaux défis qui s’offrent à elle.

Dans le même esprit, notre Université a posé des gestes forts en matière d’accueil des réfugiés car elle s’est toujours inscrite dans une politique d’ouverture et de qualité de vie, offrant de longue date des services aux étudiants et au personnel afin de prendre en compte leurs spécificités et pour lutter contre toute forme de discrimination. Dans un monde où nous devons nous attendre à de plus en plus de déplacements de population, cette politique d’accueil doit être poursuivie car elle s’inscrit dans les contours du monde de demain.

Ainsi que nous l’avons indiqué dans la présentation du plan stratégique, il est primordial d’engager l’Université de Liège dans une démarche éthique, conformément à la Charte des valeurs dont elle s’est dotée. Dans cet esprit, il s’agit de tout mettre en œuvre pour enrichir les parcours des différents membres de sa communauté. A cet égard, il faut continuer à accorder une attention soutenue aux étudiants au statut particulier (sportif, artiste, entrepreneur, handicap, etc) – nous sommes d’ailleurs pionniers en la matière – et lutter contre toute forme de discrimination. De nombreuses activités sont déjà proposées par le service Qualité de Vie des Etudiants. Il s’agit de les réaffirmer et de les appuyer. De même, une université à vocation internationale doit favoriser la mobilité (étudiants, doctorants, missions scientifiques, coopération au développement) mais aussi la rencontre de l’autre et d’autres cultures, l’apprentissage des softskills, de la diversité, des langues étrangères ainsi que promouvoir des activités citoyennes. Une citoyenneté universitaire n’a de sens que reliée aux missions d’enseignement, de recherche, à l’internationalisation et à la mise en œuvre d’une politique de bien-être et de qualité de la vie.

Une université citoyenne et ouverte sur le monde est aussi une institution qui mobilise la réflexion et la créativité à tous ses échelons. Elle encourage la participation de ses membres à des événements socio-culturels, à des conférences et à des débats qu’elle organise dans le cadre du pôle et de la plateforme citoyenne de l’ULiège.

En collaboration avec la Vice-rectrice à la valorisation des ressources humaines et bien-être au travail, il s’agira de mettre en place une politique active se préoccupant de la qualité de vie et de la diversité des parcours du personnel (adaptation des parcours, des temps de travail, des fins de carrière, des horaires, risk management, mobilité interne, etc). Afin de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté, des cycles de conférences citoyennes (séminaires, ateliers de formation, assises de la citoyenneté) seront proposées à l’ensemble du personnel sur des thèmes variés (développement durable, populismes, démocratie, pauvreté, villes et territoires, santé, numérique, etc). Une politique culturelle sera promue et pensée avec l’ensemble des partenaires parce que « faire l’université », c’est avant tout transmettre !

Ainsi, tout en veillant à favoriser le débat à partir de la diffusion de ses savoirs, en misant sur la formation, sur l’organisation de plateformes et de pôles associant chercheurs, milieux extérieurs aux citoyens, l’Université de Liège contribuera à une citoyenneté plus dense, plus active.